Le dessin est mon héritage

Je suis venu à Madagascar pour changer de vie et devenir artisan-fondeur… J’ai prospecté pendant 1 an et demi, j’ai réalisé nombre de prototype, j’ai sculpté, limé, poncé. Des heures et des jours de travail… Et puis le covid s’est invité à la table, quinze jours après avoir déposé les statuts de ma société ! Plusieurs mois de confinement, la circulation entre région interdite, les hôtels fermés (c’était la clientèle visée) ! Des mois de trésorerie envolés. Dans cette même période, j’ai également perdu ma mère sans pouvoir lui dire au revoir, sans pouvoir la serrer dans mes bras. Mais loin de ses amis, de sa famille à 10 000 km de son pays on n’a pas le temps de se lamenter, il a fallu réagir. Alors, instinctivement, j’ai commencé à dessiner, dessiner jour et nuit car dans ma famille depuis toujours l’on dessine. Ma grand-mère, ma mère, mes oncles, mes cousines et bien sûr mon frère Olivier et mon cousin Serge… Il aura donc fallu l’arrivée d’une pandémie et le départ douloureux d’une mère pour que je comprenne que le dessin était mon héritage et qu’il allait me sauver  ! C’est pourquoi, si votre vie est bouleversée par le covid, demandez-vous quel est votre héritage, vous trouverez alors la force d’avancer et de résister à cette période de bouleversements ! 

Ìzazàbé

Antananarivo, octobre 2020.